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Le deuil commence pour les Haïtiens de Montréal

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 19 janvier 2010 à 12:53
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Le deuil commence pour les Haïtiens de Montréal
Aumonier du Service de police de la Ville de Montréal, le curé Pierre Desroches a célébré dimanche une messe de solidarité pour Haïti. (Photo: Jacques Pharand)
Le deuil commence pour les Haïtiens de Montréal
Alors que les communications se rétablissent avec Haïti, les nouvelles des proches commencent à arriver à Montréal. Comment vivre le deuil des êtres chers à des milliers de kilomètres ? Le curé de la paroisse Saint-Pierre-Claver, Pierre Desroches, accompagne les policiers du SPVM et les travailleurs du centre Saint-Charles Borromée dans cette pénible épreuve.
« On passe à une autre étape. Les gens reçoivent le nom des gens qui sont décédés. Le processus de deuil commence. On en a pour des semaines à franchir cette étape », signale l’abbé Desroches.

Aumônier du Service de police de la Ville de Montréal depuis huit ans, le curé de la paroisse Saint-Pierre-Claver, une des plus importantes églises du Plateau-Mont-Royal, est étroitement associé à l’épreuve traversée par le peuple haïtien après le séisme de la semaine passée.

Le SPVM compte 42 agents montréalais en mission sur l’île. Plus de 120 Haïtiens font partie du corps policier de Montréal. M. Desroches officie aussi au CHSLD Saint-Charles-Borromée, situé au centre-ville. Plus de la moitié des employés du centre est d’origine haïtienne.

Cette proximité a conduit l’aumônier à organiser une messe de solidarité dimanche dernier à l’église Saint-Pierre-Claver. Près de 700 personnes ont assisté à l’événement.

« En temps de crise, on ne peut pas faire beaucoup en termes d’intervention. Par contre, on peut dire aux gens qu’on est avec eux. Car le pire face à un tel drame, c’est la solitude », croit le curé.

La difficile étape du deuil va commencer pour plusieurs familles. Une démarche de longue haleine, d’autant plus difficile à traverser qu’il n’y a ni corps autour duquel se recueillir ni cérémonie d’enterrement. Des gestes concrets qui aident d’ordinaire à effectuer le deuil.

Au cours des prochaines semaines, il sera très important de mettre en place des mécanismes de soutien pour permettre aux Haïtiens de Montréal de vivre leur deuil le mieux possible, estime M. Desroches.

Au centre Saint-Charles-Borromée, il s’apprête à mettre en place une chapelle pour accueillir les gens qui souhaitent se recueillir. Les personnes seront invitées à inscrire le nom de proches décédés sur un tissu rouge et le nom des survivants sur un tissu bleu, les deux couleurs du drapeau haïtien. Un livre-mémoire permettra également de recueillir les messages et témoignages. Des gestes symboliques certes, mais indispensables pour exprimer tant sa douleur que sa solidarité.

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