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La pauvreté gagne du terrain dans l'Est

(Photo: Éric Carrière)

(Photo: Éric Carrière)

Philippe Beauchemin
Publié le 2 Février 2009
Publié le 8 Juillet 2010
Philippe Beauchemin  RSS Feed

Alors que la pauvreté et la défavorisation étaient concentrées dans les quartiers centraux de l'île de Montréal, il y a une dizaine d'années, voilà que l'on retrouve une forte concentration dans les arrondissements de l'est de Montréal. De Hochelaga-Maisonneuve à Pointe-aux-Trembles, en passant par Montréal-Nord et Saint-Léonard, aucun secteur n'est maintenant épargné.

Sujets :
Comité de gestion , île de Montréal , Montréal-Nord , Saint-Léonard

Selon la nouvelle carte de la défavorisation dévoilée le mois passé par le Comité de gestion de la taxe scolaire de l'île de Montréal (CGTSIM), les familles défavorisées, chassées du centre-ville en raison de la hausse des loyers, s'installent maintenant en périphérie. Elles sont en grand nombre à Montréal-Nord et Hochelaga-Maisonneuve, mais sont également présentes à Anjou, Saint-Léonard, Pointe-aux-Trembles, Mercier et Rivière-des-Prairies. « La défavorisation est très caractéristique dans l'est de Montréal. Il y a deux zones plus denses (Montréal-Nord et Hochelaga-Maisonneuve). Dans les autres quartiers, ont retrouve une mixité sociale importante, où les plus pauvres côtoient les plus riches », laisse entendre Pierre Gosselin, un des professionnels qui a travaillé sur la carte au Comité de gestion de la taxe scolaire. « Le nombre total de familles défavorisées est stable à Montréal, mais elles sont plus nombreuses dans l'est de l'île qu'auparavant, explique-t-il. Elles s'y déplacent parce qu'on y retrouve des loyers moins chers, de plus en plus de logements sociaux et une concentration ethnique importante. Les gens de même culture et religion ont aussi tendance à se regrouper, peu importe leur classe sociale. C'est le cas à Montréal-Nord et à Saint-Léonard, où l'on retrouve une grande population d'Haïtiens et d'Arabes. »

À un coin de rue

La situation constatée à Montréal par le CGTSIM est « unique », affirme le chercheur.

« Il y a une mixité entre riches et pauvres que l'on ne rencontre pas dans aucune autre grande ville. En Europe, les gens défavorisés ont tendance à être dans les mêmes quartiers, alors qu'à Montréal, la situation économique des citoyens change à chaque coin de rue. Regardez Mont-Royal ou encore Pointe-aux-Trembles, où des gens plus fortunés côtoient des pauvres. On retrouve des gens moins bien nantis partout maintenant. Et vous savez pourquoi ? Tout simplement parce qu'il n'y a pas une cause unique de pauvreté et de défavorisation. Chaque arrondissement a une histoire sociale et d'intégration différente. »

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