« Avec ce nouveau concept unique en Amérique du Nord, nous venons de franchir une étape cruciale dans l’architecture qui révolutionnera le logement social », expose le directeur général de Noyo, Serge Côté. Ce nouveau produit permettra de réduire les coûts de construction des logements sociaux de 2000 $ à 5000 $ par appartement, selon le directeur.
Le concept de Noyo est venu à M. Côté, alors qu’il observait de nombreuses similitudes dans les plans destinés aux logements sociaux. « Les architectes qui conçoivent des logements sociaux font sensiblement les mêmes plans pour suivre les standards de la SHQ », raconte-t-il.
Il a donc créé un appartement préfabriqué répondant à ces critères pour les pièces standard : la cuisine, la salle à manger, la salle de bain et la salle de lavage.
« Les mobiles sont empilables jusqu’à trois niveaux. Ils sont disponibles en format d’une à trois chambres. Tout le harnais de plomberie est fait d’avance, c’est beaucoup plus simple lorsqu’on vient à assembler ça », décrit le directeur de Noyo.
Un projet pour les petites villes
« Ça fait quarante ans que des gens essaient de développer un produit préfabriqué mais pour assurer une rentabilité, il faut qu’il y ait des volumes importants », expose l’architecte de la firme Rayside Labossière, Antonin Labossière.
C’est d'ailleurs ce sur quoi la compagnie pointelière s’est basée, alors qu’elle assure vouloir maintenir de faibles prix. « Avant de créer un produit modulaire, il faut qu’il y ait un besoin. La SHQ prévois bâtir 500 logements dans le Nord et 2500 au sud », signale M. Côté.
Le nouveau produit permettra notamment de stabiliser la qualité et le prix de construction des logements sociaux. « Le produit permettra de réaliser des économies sur l’ensemble. Notamment en réduisant le temps de chantier d’au moins 50 % », juge M. Côté.
Malgré tout, M. Labossière n’est pas convaincu que ce produit sera utile dans le contexte montréalais : « Le problème avec le préfabriqué, c’est que les projets sont à complication variable. Ça coute beaucoup plus cher de modifier du préfabriqué que de faire du neuf », relève-t-il.
Même son de cloche du côté de M. Mackay : « dans la région métropolitaine, l’architecture doit s’adapter aux conditions des terrains qui sont souvent plus petits. Le marché des logements sociaux de Montréal est surtout composé d’achats-rénovation. »
Alors que le produit est à peine lancé, deux projets utilisant Noyo se sont déjà mis en branle à Malartic, en Abitibi-Témiscamingue, et à Montcalm dans les Laurentides. Ces villes de moins grande densité seraient plus aptes à accueillir de tels projets. « Pour des villes plus petites, comme Trois-Rivières, il y a beaucoup de place en périphérie pour construire les logements sociaux », estime M. Mackay.
Cela rend le projet d’autant plus intéressant puisqu’« à Trois-Rivières, il n’y a pas de logements sociaux qui se développent, puisque le prix des logements est trop bas, comparativement aux coûts de construction, ce n’est pas rentable, note le directeur de la Corporation Mainbourg, François Claveau. Toutes les économies sont donc les bienvenues. »
« Le projet semble être beaucoup plus intéressant pour le Nord. Les matériaux sont plus chers et la main-d'œuvre plus rare là -bas », conclu, pour sa part, M. Labossière. Le produit pourrait d'ailleurs être utilisé lors du développement du Plan Nord.
